Le ministère du tourisme indien lance une campagne pour alerter sur l’insécurité des femmes

Le ministère du tourisme indien lance une campagne pour alerter sur l’insécurité des femmes

Un sondage positionnant l’Inde en tant que pays le plus dangereux pour les femmes inquiète les autorités indiennes

 

 

Le ministère du tourisme indien a lancé une campagne pour rassurer les femmes, pour leur montrer qu’elles sont en sécurité dans le pays après qu’un sondage réalisé par des experts ait “élu” l’Inde en tant que pays le plus dangereux pour les femmes dans le monde.  Ce sondage plaçait l’Inde devant l’Afghanistan, la Syrie, la Somalie et l’Arabie Saoudite, à cause du risque élevé de violences sexuelles et de travaux forcés dont les femmes indiennes sont souvent victimes.

Les sondés devaient définir quel pays des Nations Unies était le pire dans 6 catégories, dont le trafic d’êtres humains, la santé, les pratiques culturelles ainsi que la violence, notamment sexuelle. Cependant, une lettre envoyée aux différentes ambassades indiennes à l’étranger et partagée plus tôt dans la journée avec le journal “The Independent” rejette cette étude, affirmant que “L’Inde est bien loin devant de nombreux pays dans la plupart de ces domaines … il est clair que le classement de l’Inde dans ce sondage est inapproprié.”

La lettre, datée du 6 Juillet (2018), liste une série de mesures de sécurité mises en oeuvre dans le pays depuis le viol collectif d’une étudiante à New Delhi en Décembre 2012, évènement qui avait suscité l’indignation générale. Cette lettre met l’accent sur les sanctions, beaucoup plus sévères, mises en place depuis 2012 pour les coupables de viol, d’attaques à l’acide ou d’harcèlement, en plus des assistances téléphoniques et autres services de soutien développés pour venir en aide aux femmes. Elle insiste notamment sur le lancement d’une assistance téléphonique multilingue gratuite, disponible pour les touristes en voyage dans le pays.

Les bureaux du gouvernement ont été encouragés à rendre public le contenu de cette lettre pour rassurer les touristes. Asmita Basu, directrice de programme d’Amnesty International Inde a confié au journal “The Independent” que la sécurité des femmes en Inde est toujours une question préoccupante et que la violence (envers les femmes) est “courante, voire généralisée”.

Selon le NCRB (National Crime Records Bureau), l’agence gouvernementale indienne responsable des statistiques judiciaires, un total de 338 954 affaires criminelles contre les femmes a été recensé en 2016, dont près de 38 947 viols, soit une augmentation de 2,9% par rapport à 2015.

D’un autre côté, le taux de condamnation pour les affaires de viol était seulement de 23,9% sur la même année. Dans l’ensemble, les données du NCRB montrent bien que le nombre d’affaires criminelles contre les femmes n’a cessé d’augmenter depuis 2009. Et pourtant, malgré la constante augmentation enregistrée, il est de notoriété publique que beaucoup d’actes violents contre les femmes ne sont pas dénoncés et ce pour plusieurs raisons:
l’insécurité, les stigmatisations sociales et la peur des représailles.

De nos jours encore, lors des jugements de crimes contre la gent féminine, on s’intéresse plus aux questions de “modestie” et de “moralité” qu’à l’impact réel que ces actes ont sur l’intégrité mentale et physique de la victime. La vulnérabilité des femmes est exacerbée par de grandes inégalités entre les deux sexes ainsi que de nombreux stéréotypes.

Le rapport sur le développement humain de 2015, publié par le Programme de Développement des Nations Unies, classe l’Inde en 125ème position sur 159 pays concernant l’indice sur l’inégalité des sexes. Si l’Inde veut vraiment diminuer  son taux de violences envers les femmes, elle doit d’abord s’occuper des causes de cette violence.

 

Traduit de l’anglais par Nassima MB
Source: Joanna Whitehead, The Independent
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